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Franchises médicales, qu'en est-il ?Publié le 03-01-2008, Lu 245 fois ![]() Le début de l'année s'annonce difficile pour les malades! Dans le cadre du budget de la Sécu pour 2008, trois nouvelles franchises ont vu le jour. Depuis le 1er janvier, les patients paient 50 centimes d'euro pour chaque boîte de médicaments prescrite par leur médecin. Ils sont également taxés de 50 centimes pour tout acte paramédical (kinésithérapie, soins infirmiers...). Enfin, les malades qui ne peuvent se déplacer par eux-mêmes sont prélevés de 2 euros lors de chaque transport sanitaire, en ambulance comme en taxi. Le montant de ces trois franchises est plafonné à 50 euros par an et par personne. Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire(CMUC), les femmes enceintes et les mineurs en sont exonérés, ce qui représente 17 millions de personnes. Ces prélèvements payés par les malades, sont censés financer de "nouveaux besoins de santé", comme la maladie d'Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs délivrés aux personnes en fin de vie. Mais si la cause est juste, l'argument est construit en trompe-l'oeil: notre système d'assurance maladie n'attribue pas des enveloppes financières par pathologies. Schématiquement, tout l'argent se retrouve dans une seule caisse! "Tout le monde sait que l'argent de l'ancienne vignette auto n'a pas vraiment financé la vieillesse, comme cela avait été annoncé lors de sa création en 1956, explique Bruno Palier, chercheur au Centre d'étude de la vie politique française de Scinces po Paris (Cevipof) et auteur de Gouverner la Sécurité sociale Au total, les franchises devraient rapporter entre 650 et 850 millions d'euros par an, alors que le déficit de la Sécu a été estimé à 12,7 milliards d'euros en 2008, dont 7,1 milliards pour la seule branche maladie. La réforme Douste-Blazy de 2004 devait permettre un retour à l'équilibre financier en 2007. On est bien loin du compte! "Il faut bien comprendre que les franchises représentent un changement majeur dans notre système de prise en charge solidaire, souligne Bruno Palier. Depuis sa création en 1945, l'assurance maladie repose sur la solidarité entre les bien portants et les malades: tout le monde paie en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Ce système part du principe que nous risquons tous de devenir malades un jour ou l'autre et d'avoir besoin de la solidarité nationale. Lorsqu'une personne est en fin de vie, les dépenses de soins peuvent être colossales!" Ce principe de solidarité est aujourd'hui mis à mal: "On ne résoudra pas les problèmes financiers de notre système de santé en faisant payer toujours plus les usagers. Il serait temps de se poser d'autres questions: sur l'organisation des soins, la responsabilité des médecins ou encore la privatisation grandissante de la prise en charge des soins." En un mot: à quand les vraies réformes ?
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