L'équipe de France de football, qui a souffert mais s'est finalement imposée face à l'Eire (1-0) mercredi à Dublin en qualifications du Mondial-2006, est désormais maîtresse de son destin, deux victoires, contre la Suisse et Israël, lui offrant à coup sûr un ticket pour l'Allemagne. Il reste désormais deux "finales" dans le groupe 4 - le 8 octobre à Berne face aux Suisses, et le 12 face aux Chypriotes au Stade de France - pour des Bleus qui, à défaut d'avoir brillé, ont réalisé l'essentiel face aux Irlandais grâce à un but d'Henry.
Les dix premières minutes furent pourtant à l'avantage de Français. Appliqués, ils s'en remettaient à Henry pour une première escarmouche et une montée côté gauche que Wiltord ne parvenait pas ensuite à exploiter (3). Henry qui attendit ensuite 65 minutes pour se faire à nouveau remarquer... La première banderille, elle, était l'oeuvre de Zidane: sur un coup franc à un peu moins de 25 mètres, le tir enveloppé, puissant, du capitaine français était détourné par la seule grâce d'une parade exceptionnelle du gardien Given. Le frisson glacial qui parcourut alors l'échine des supporteurs de Lansdowne road eut pour conséquence immédiate de réveiller les joueurs irlandais. Et ceux-ci s'appliquèrent alors à faire endurer le même traitement à leurs visiteurs. Reid le premier, sur coup franc, trouva le poteau droit de Coupet (14) avant que la demi-volée de Morrison frôla la lucarne (18).
Pressés haut par leurs hôtes, les Français ne parvenaient pas à créer le danger et c'est davantage Coupet, remarquable de vigilance, et surtout Makelele, qui ne s'était assurément jamais montré aussi à l'aise en bleu, qui s'illustraient en lieu et place des attaquants. Et tandis que Makelele, intenable, frappait trop à droite du but (24), c'est encore l'Irlande et un tir de Morrisson, claqué par Coupet, qui se montrait la plus dangereuse (25), affirmant son emprise sur un match. Les Bleus, pris dans une nasse où Zidane était souvent neutralisé, ne trouvaient pas de solutions, pas plus avant qu'après la pause. Le début de la deuxième période, qui se révéla beaucoup moins enlevée, confirmait l'impression laissée par les 45 premières minutes: l'Irlande imprimait son rythme.
Mais c'est au moment même où l'on désespérait de voir les Français marquer qu'Henry sortit de sa boîte: à la suite d'un bon travail de Wiltord, sa frappe enroulée du droit, celle qui le caractérise si bien et qu'il lui a permis de marquer tant de fois, lobait Given (68). Forcément la fin du match fut difficile pour les Bleus - notamment après la sortie de Zidane, blessé - obligés de résister aux coups de boutoirs des Irlandais. Mais ils tinrent finalement bon, s'offrant une victoire qu'ils espèrent fondatrice et annonciatrice de bien plus beaux trophées.